Pastef, qui dispose d’une large majorité à l’Assemblée nationale sénégalaise, a annoncé qu’il ne voterait pas en l’état le projet de budget révisé présenté par le gouvernement.
Le parti dirigé par l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko invoque des désaccords sur plusieurs choix budgétaires, sur les modalités de financement retenues et sur les garanties apportées au Parlement. Il se dit toutefois disposé à poursuivre les discussions afin qu’un nouveau texte puisse être adopté.
Ce refus ouvre une crise politique au moment où Dakar tente d’avancer sur la restructuration de sa dette. Sans approbation parlementaire, le gouvernement risque aussi de retarder le programme conclu au niveau des services avec le Fonds monétaire international au début de septembre.
L’accord porte sur une facilité élargie de crédit de 2,2 milliards de dollars sur trente-six mois. La mise en œuvre du programme doit soutenir les réformes économiques et servir de socle à la stratégie de réaménagement de la dette.
Selon les données du FMI citées par Reuters, la dette publique atteignait 132 % du produit intérieur brut à la fin de 2024 après la découverte d’emprunts non déclarés par l’ancienne administration.
Le texte budgétaire révisé abaisse la prévision de croissance réelle à 2,7 %, contre environ 5 % auparavant, et relève le déficit à 7,6 % du produit intérieur brut. Il prévoit aussi une forte augmentation des subventions à l’énergie, portées à 790,3 milliards de francs CFA.
Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo doit présenter le projet et répondre aux critiques lors d’une conférence de presse annoncée pour dimanche.




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