Le Soudan a saisi le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine en accusant l’Éthiopie d’avoir laissé son territoire servir au lancement de drones contre des villes soudanaises. La plainte a été annoncée dimanche soir par le ministère soudanais des Affaires étrangères.
Khartoum affirme que les Forces de soutien rapide ont utilisé des sites éthiopiens pour mener des attaques contre des zones civiles et des infrastructures électriques. Addis-Abeba n’avait pas répondu publiquement à ces nouvelles accusations dans les informations disponibles lundi.
Un rapport du Conseil souverain dirigé par l’armée soudanaise recense 70 attaques menées avec 187 drones entre le 15 février et le 27 octobre. Il affirme que 484 civils ont été tués ou blessés, que 176 militaires sont morts et que 200 autres ont été blessés.
Ces chiffres proviennent des autorités soudanaises engagées dans le conflit et n’ont pas été vérifiés de manière indépendante. Le rapport cite notamment les zones d’Asosa, de Kurmuk et de Bahir Dar comme points de lancement présumés, ce que l’Éthiopie n’a pas confirmé.
Les relations entre les deux pays étaient déjà tendues. L’armée soudanaise accuse depuis plusieurs mois l’Éthiopie d’aider les paramilitaires, tandis qu’Addis-Abeba reproche à Khartoum de soutenir des groupes liés au Front de libération du peuple du Tigré. Chaque camp rejette les accusations de l’autre.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a condamné séparément l’escalade des attaques de drones commises par les parties au conflit soudanais et leur impact sur les civils. La guerre entre l’armée et les Forces de soutien rapide dure depuis avril 2023 et a déplacé des millions de personnes.




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