Lundi 2 novembre 2026Bamako Ouagadougou Niamey

Washington annonce la suspension de l’Afrique du Sud et du Rwanda de l’AGOA

Les États-Unis veulent retirer aux deux pays l’accès préférentiel au marché américain, une décision qui expose surtout les exportateurs sud-africains.

WhatsApp
Façade de la Bourse de Johannesburg, illustration de l’économie sud-africaine
Façade de la Bourse de Johannesburg. Photographie d’archives utilisée comme visuel de contexte économique, sans lien direct avec l’annonce américaine.

Les États-Unis ont annoncé lundi 2 novembre leur intention de suspendre l’Afrique du Sud et le Rwanda du dispositif AGOA, qui accorde un accès sans droits de douane à des milliers de produits africains. La mesure a été présentée par le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer.

Selon l’administration américaine, le président Donald Trump a estimé que les pratiques des deux gouvernements ne respectaient plus les critères d’éligibilité du programme. La décision vise la prochaine période d’application et ouvre une phase de discussions avant son entrée en vigueur.

Pour l’Afrique du Sud, Washington invoque des obstacles au commerce et aux investissements américains, la corruption ainsi que des divergences touchant à la sécurité nationale et à la politique étrangère. Pretoria avait indiqué avant l’annonce qu’elle était prête à répondre à une décision défavorable et restait ouverte au dialogue.

L’enjeu économique est particulièrement important pour l’Afrique du Sud, premier bénéficiaire du dispositif. Ses exportations couvertes par l’AGOA ont atteint environ 1,7 milliard de dollars en 2025. Le ministère sud-africain du Commerce estime toutefois qu’elles ne représentent qu’environ 10 % des ventes du pays aux États-Unis et 1 % de ses exportations mondiales.

Concernant le Rwanda, l’administration américaine cite des barrières commerciales, l’État de droit et les droits humains. Kigali avait déjà perdu en 2018 une partie des avantages liés à l’habillement, mais le pays figurait encore parmi les bénéficiaires généraux du programme cette année.

Ni Pretoria ni Kigali n’avaient réagi immédiatement à l’annonce. L’AGOA, prolongée jusqu’au 31 décembre 2026, exige notamment des progrès vers une économie de marché, la protection des droits et la réduction des obstacles au commerce américain.

Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les réactions sont relues par la rédaction avant publication ; les propos injurieux, diffamatoires ou haineux ne sont pas publiés.