La hausse du prix de l’or alimente l’expansion des mines artisanales et la perte de couvert forestier au Ghana, où les autorités cherchent à mieux encadrer une filière devenue essentielle à l’économie mais lourde de conséquences environnementales. Le phénomène concerne aussi d’autres pays producteurs confrontés à l’extraction informelle et à la contrebande.
Un article de The Ethical Corporation publié le 19 octobre sur le site de Reuters rapporte que l’extraction aurifère a provoqué davantage de déforestation que tout autre minerai entre 2001 et 2019. La pression s’est encore renforcée avec un cours de l’or en hausse de plus de 120 pour cent en cinq ans, ce qui rend rentables des exploitations toujours plus éloignées et difficiles à contrôler.
Au Ghana, l’orpaillage artisanal et à petite échelle fournit une part importante de la production nationale et des revenus locaux. Une réserve forestière étudiée a perdu 5,9 pour cent de son couvert tandis que l’activité minière y était multipliée par dix-neuf. Les sols retournés, les cours d’eau chargés de sédiments et l’utilisation de produits toxiques prolongent les dommages après l’arrêt des opérations.
La traçabilité reste un obstacle majeur. Du métal extrait illégalement peut être fondu avec de l’or légal puis entrer dans les circuits d’exportation sans que son origine soit identifiable. Les flux transfrontaliers compliquent également le suivi, notamment lorsque des volumes passent par des centres commerciaux régionaux avant de rejoindre les raffineries internationales.
Le gouvernement ghanéen et le World Gold Council ont conclu en juillet un accord visant à formaliser davantage les petites exploitations. Les spécialistes interrogés dans cet article estiment que les contrôles doivent s’accompagner d’un accès au crédit, d’une aide technique et de solutions pour les agriculteurs, afin de réduire l’attrait économique de l’exploitation clandestine.
La lutte contre la déforestation dépend aussi des acheteurs et des raffineries. Des exigences plus strictes sur l’origine du métal peuvent limiter l’accès du minerai illégal au marché, à condition que les contrôles s’étendent aux intermédiaires et ne reposent pas uniquement sur les déclarations des exportateurs.
Sources et corrections
Reuters




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