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Au Mali, HRW documente des frappes présumées indiscriminées

Human Rights Watch a documenté deux frappes de drones présumées indiscriminées et des exécutions imputées à plusieurs parties. Les autorités maliennes n’ont pas répondu aux questions de l’ONG.

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Des soldats maliens escortent un convoi à Bamako en août 2020
Des soldats maliens escortent un convoi à Bamako en août 2020. Photo d’archive, sans représentation des frappes documentées en 2026. Mariama Diallo / VOA / Wikimedia Commons, domaine public.

Human Rights Watch a accusé lundi 19 octobre les forces maliennes, leurs alliés et des groupes armés d’avoir commis de graves violations du droit de la guerre depuis juillet. L’ONG dit avoir documenté deux frappes de drones présumées indiscriminées, ainsi que des meurtres de civils et l’exécution de militaires capturés.

Une frappe menée le 19 août sur le marché aux bestiaux de Tombonkore, dans la région de Bandiagara, a tué six civils et blessé au moins vingt personnes selon HRW. Le lendemain, l’état-major malien a annoncé avoir visé une cache terroriste dans la zone de Kilimpo et neutralisé une vingtaine de combattants. Des témoins interrogés par l’ONG ont affirmé qu’aucun combattant ne se trouvait au marché au moment de l’attaque.

Le 29 juillet, un drone d’attaque a partiellement détruit un centre de santé à Talahandak, dans la région de Kidal. HRW indique avoir géolocalisé deux vidéos et analysé douze photographies de débris compatibles avec un appareil de type Shahed. Deux témoins ont assuré que le centre ne servait qu’aux soins des civils.

L’organisation dit avoir mené trente entretiens à distance entre le 30 juillet et le 20 septembre, dont seize avec des témoins d’abus. Elle affirme également que des soldats maliens ont tué cinq filles le 12 juillet dans la région de Ségou et que des miliciens dozos alliés ont tué trois civils fin juillet dans la région de Mopti.

Les données d’ACLED citées par HRW font état de 49 frappes aériennes attribuées aux forces maliennes et à l’Africa Corps entre avril et août 2026, avec 89 civils tués. Sur la même période de 2025, l’organisation avait recensé 22 frappes et 44 morts civiles. Ces chiffres restent issus d’un dispositif indépendant de suivi des conflits et non d’un bilan officiel.

HRW a aussi documenté la torture et l’exécution d’au moins dix-neuf soldats maliens capturés après une attaque du 18 juillet dans la région de Gao. Le comité de la charia du JNIM a reconnu que les mises à mort avaient eu lieu tout en niant les avoir ordonnées. Le Front de libération de l’Azawad a rejeté toute implication de ses combattants.

L’ONG affirme n’avoir reçu aucune réponse à une lettre adressée le 5 août au ministre malien de la Défense. Bamako a déjà nié avoir tué des civils lors de ses opérations antiterroristes. HRW demande au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine de renforcer son suivi de la protection des civils et de réclamer des enquêtes indépendantes.

Sources et corrections

Human Rights Watch, Reuters

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