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Au Niger, le tassawaq cherche sa place parmi les langues nationales

Parlé surtout à Ingall et Tiguiddan-Tessoum, le tassawaq compterait entre 25 000 et 30 000 locuteurs.

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Participants quittant le site de la Cure Salée à Ingall au Niger
Des participants quittent le site de la Cure Salée à Ingall, dans la région d’Agadez. Photographie d’archives illustrant le territoire où le tassawaq est parlé. Photo NigerTZai / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Le tassawaq, parlé principalement à Ingall et à Tiguiddan-Tessoum dans la région d’Agadez, demeure peu connu en dehors de sa communauté malgré sa reconnaissance parmi les langues du Niger. Le nombre de ses locuteurs est estimé entre 25 000 et 30 000 personnes.

Cette langue est généralement classée parmi les variétés du songhay septentrional. Elle a été reconnue par la loi du 31 décembre 2001 relative aux langues nationales, mais ne dispose pas d’un alphabet officiel propre. Sa transcription repose le plus souvent sur l’alphabet phonétique international.

Le linguiste Ammani Abdourahamane, lui-même locuteur du tassawaq et journaliste à la Radio-télévision du Niger, décrit un vocabulaire marqué par des apports du zarma, du tamasheq, de l’arabe et du hausa. Certains nombres et des éléments de syntaxe présentent notamment des proximités avec le songhay-zarma, tandis que d’autres formes rappellent l’arabe.

La diffusion audiovisuelle constitue désormais l’un des principaux outils de visibilité de la langue. Depuis 2021, la Radio-télévision du Niger propose des journaux et des émissions en tassawaq. Ammani Abdourahamane présente un bulletin radiophonique quotidien et intervient aussi dans des programmes hebdomadaires à la radio et à la télévision.

Cette présence médiatique offre un espace d’usage au-delà des échanges familiaux et communautaires. Elle contribue également à faire connaître les Isawaaghan, nom donné à la communauté qui parle le tassawaq, auprès d’un public nigérien plus large.

La documentation linguistique reste portée par des chercheurs et des universitaires, avec l’appui de locuteurs. L’absence d’un alphabet officiel constitue néanmoins un défi pour la normalisation de l’écrit, la production de ressources pédagogiques et la transmission de la langue dans la durée.

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