L’Alliance des États du Sahel veut préserver la libre circulation et le marché commun avec la CEDEAO, mais la coopération sécuritaire reste freinée par un déficit de confiance. Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a dressé ce bilan après les consultations tenues à Dakar en octobre entre les deux ensembles régionaux.
Dans un entretien publié samedi 31 octobre par African Initiative, le chef de la diplomatie malienne a défendu une coexistence entre deux entités distinctes. Il a estimé que les intérêts des populations imposaient de maintenir la circulation des personnes et des biens ainsi que les échanges au sein d’un même espace économique.
Abdoulaye Diop a présenté les discussions de Dakar comme une étape ayant posé les bases d’un futur accord. Cette appréciation constitue un fait nouveau par rapport au lancement des négociations, qui portaient sur un cadre général couvrant 18 domaines prioritaires regroupés en cinq pôles.
Le volet paix et sécurité demeure toutefois le point le plus sensible. Le ministre a reconnu que la confiance devait être reconstruite entre certains pays avant d’envisager une coopération plus étroite contre les groupes armés. Cette réserve distingue les avancées institutionnelles annoncées des résultats encore attendus sur le terrain sécuritaire.
Avant l’ouverture des consultations, le président de la Commission de la CEDEAO, Birame Diop, avait demandé aux ministres un mandat clair pour défendre les intérêts communautaires. L’Agence de presse sénégalaise avait alors indiqué que le projet d’accord devait définir les modalités des relations futures avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Les trois pays ont officiellement quitté la CEDEAO en janvier 2025. Les négociations ouvertes depuis visent notamment à éviter que cette rupture institutionnelle ne se traduise par des obstacles nouveaux pour les voyageurs, les transporteurs et les commerçants de la région.




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