Des affrontements ont opposé jeudi 22 octobre des manifestants aux forces de l’ordre à Ettadhamen, dans la périphérie de Tunis, ainsi qu’à Jebeniana et Agareb, dans le gouvernorat de Sfax. La police a utilisé du gaz lacrymogène pour disperser les rassemblements.
À Ettadhamen, la mobilisation a suivi la mort d’un homme arrêté pour des soupçons de trafic de drogue. Sa famille affirme qu’il a succombé à des violences policières et réclame que les circonstances du décès soient établies. Des médias locaux ont rapporté une autre version, selon laquelle il serait mort après avoir avalé de la drogue. Ces récits n’ont pas pu être vérifiés de manière indépendante.
Des manifestants ont bloqué des routes, brûlé des pneus et lancé des pierres en direction des policiers, selon Reuters. Les forces de sécurité ont répondu par des tirs de gaz lacrymogène tout en protégeant un poste de la Garde nationale. Le ministère tunisien de l’Intérieur n’était pas immédiatement disponible pour commenter.
Plus tôt jeudi, des heurts avaient éclaté à Jebeniana après la mort d’un autre homme. Ses proches soutiennent qu’il a perdu la vie pendant une poursuite menée par les forces de sécurité. Des affrontements similaires ont ensuite été signalés à Agareb.
À Sfax, des étudiants ont aussi manifesté après le décès d’une étudiante victime d’un problème cardiaque. Ses camarades ont mis en cause le délai d’arrivée d’une ambulance et le manque de moyens médicaux. Ils ont appelé à une grève dans les facultés de la ville vendredi.
Cette poussée de tension intervient cinq jours après une importante manifestation à Tunis contre le président Kaïs Saïed. Des milliers de personnes avaient alors dénoncé la dégradation des services publics, la situation économique et la concentration du pouvoir, des accusations rejetées par le chef de l’État.



