Quarante enseignants de Manni et de Coalla, dans l’est du Burkina Faso, ont suivi une formation consacrée à la décolonisation et à l’endogénéisation des curricula. La session, organisée jeudi 22 octobre à Manni, doit préparer l’application de nouveaux contenus en classe.
Les inspecteurs Yonli Yemboani et Salifou Dabourgou, chargés de l’encadrement pédagogique dans les deux circonscriptions d’éducation de base, ont présenté une réforme qui cherche à mieux relier les apprentissages à l’environnement social et culturel des élèves.
Les changements exposés concernent notamment l’histoire, la géographie et l’éducation civique et morale. Selon le compte rendu de l’Agence d’information du Burkina, les programmes accordent davantage de place aux contributions africaines, aux résistances à l’invasion européenne et à la participation communautaire.
La formation a aussi mis en avant des techniques agricoles endogènes telles que le zaï, les demi-lunes et les cordons pierreux. Les formateurs ont toutefois souligné que l’objectif n’était pas de rejeter les connaissances venues d’ailleurs, mais d’établir un dialogue plus équilibré entre savoirs locaux et connaissances universelles.
Les échanges ont porté sur l’intégration des langues nationales, la distinction entre un savoir documenté et une croyance, ainsi que la nécessité de préserver l’objectivité historique. Les enseignants ont été invités à transformer les nouveaux contenus en situations d’apprentissage fondées sur l’observation, l’enquête et l’expérimentation.
Les responsables des circonscriptions ont appelé à une appropriation progressive, appuyée sur les documents de référence. La portée de la réforme dépendra désormais de sa traduction dans les cours et des ressources mises à la disposition des enseignants de Manni et de Coalla.
Sources et corrections
Agence d’information du Burkina




Réagir à cet article