La volonté de transformer davantage de minerais en Afrique attire des investisseurs, mais le manque d’électricité fiable et abordable menace plusieurs projets de raffineries et de fonderies. Des gouvernements multiplient les restrictions à l’exportation, les avantages fiscaux et l’accès conditionnel aux gisements pour retenir une plus grande part de la valeur sur le continent.
La Guinée illustre cette stratégie. Premier exportateur mondial de bauxite, le pays compte trois raffineries d’alumine en construction et vise cinq installations d’ici à 2030, pour une capacité annuelle cumulée de 7 à 8 millions de tonnes, selon un conseiller du ministre des Mines cité par Reuters.
L’ambition se heurte toutefois aux besoins énergétiques. La Guinée produit environ 1 000 mégawatts, principalement grâce à l’hydroélectricité, alors que son industrialisation pourrait nécessiter entre 5 000 et 10 000 mégawatts. Le pays exporte de l’électricité pendant la saison des pluies mais doit en importer pendant la saison sèche.
L’expérience sud-africaine montre le risque d’un modèle industriel fragilisé par l’énergie. Moins d’une douzaine des 66 fonderies de ferrochrome du pays sont encore en activité après une hausse proche de dix fois du coût de l’électricité depuis 2008. L’Afrique du Sud est pourtant le premier producteur mondial de minerai de chromite, selon l’USGS.
La US International Development Finance Corporation et Africa Finance Corporation soutiennent déjà des projets de transformation sur le continent. Les investisseurs interrogés estiment cependant que quatre conditions doivent progresser ensemble, à savoir un approvisionnement régulier en minerai, une énergie disponible, des règles stables et des acheteurs engagés, auxquelles s’ajoute l’accès à des capitaux de plusieurs milliards de dollars.
Sources et corrections
Reuters, autorités minières guinéennes, Minerals Council South Africa et Africa Finance Corporation




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