Human Rights Watch a dénoncé lundi une intensification des arrestations visant les personnes LGBT au Sénégal, affirmant que la nouvelle législation pénale alimente la peur, la stigmatisation et l’éloignement des services de santé.
L’organisation cite les données de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme, qui fait état d’au moins 212 arrestations entre février et juillet. Le réseau HIV Justice avance pour sa part un total supérieur à 300 sur la même période.
Aucune statistique officielle consolidée n’a été publiée et Human Rights Watch précise ne pas avoir pu vérifier indépendamment le nombre total d’arrestations. L’organisation affirme toutefois avoir documenté des cas à Dakar, Thiès, Rosso, Saint-Louis, Yeumbeul et Ziguinchor.
Le Parlement sénégalais a adopté le 11 mars une modification de l’article 319 du Code pénal par 135 voix contre aucune et trois abstentions. Promulguée à la fin du même mois, la loi prévoit une peine de cinq à dix ans de prison et une amende de deux à dix millions de francs CFA pour les relations sexuelles consenties entre personnes du même sexe.
Le texte sanctionne également ce qu’il qualifie de promotion, d’apologie ou de financement de l’homosexualité, avec des peines pouvant atteindre sept ans de prison. Le gouvernement avait défendu cette réforme comme une clarification et un durcissement des dispositions existantes.
Human Rights Watch soutient que la crainte d’une arrestation pousse certaines personnes à se cacher, à éviter le dépistage ou le traitement du VIH et complique l’accès à un avocat. L’Onusida avait déjà alerté en mars sur les conséquences possibles pour la santé publique, tout en rappelant que le texte comporte une exemption pour les activités menées par des structures de santé autorisées.




Réagir à cet article