À Lagos, les hypemen et hypewomen ne se contentent plus d’animer les silences entre deux morceaux. Leurs improvisations au micro, leur sens de la formule et leur capacité à faire participer le public deviennent une activité artistique à part entière, portée par la diffusion continentale de l’Afrobeats.
Un reportage publié dimanche 18 octobre par The Guardian met notamment en avant Toby Shang, nom de scène de Tobi Michael Adeyeye. Le Nigérian de 32 ans, devenu populaire grâce à ses formules virales, a publié deux EP et organisé quatre éditions d’une formation destinée aux artistes de la scène hype.
Ces interprètes ne chantent ni ne rappent au sens classique. Ils interviennent sur des instrumentaux connus, inventent des commentaires, scandent des sons et sollicitent directement les danseurs. Leur présence s’est étendue des clubs aux mariages et aux événements d’entreprise, tandis que de courtes prestations personnalisées circulent aussi sur les réseaux sociaux.
La pratique revendique des racines plus anciennes dans les traditions de louange, le dialogue entre soliste et public et la figure ouest-africaine du griot. Elle prolonge également l’atalaku congolais, popularisé dans la musique de Kinshasa avant d’influencer le coupé-décalé ivoirien et plusieurs courants nigérians.
La scène reste largement masculine, mais des artistes comme Lady Ponce et l’animatrice Melody M.I.A y occupent une place visible. Des professionnels cités par le quotidien britannique évaluent certaines prestations entre cinq et huit millions de nairas, selon la notoriété et la durée. Ces montants restent des estimations de marché et ne constituent pas un tarif officiel du secteur.
Sources et corrections
https://www.theguardian.com/world/2026/oct/18/lagos-hypemen-redefining-afrobeats-music-afrohype




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