Lundi 2 novembre 2026Bamako Ouagadougou Niamey

Au Soudan, quinze postes électriques frappés depuis octobre plongent le réseau dans l’urgence

Deux nouvelles frappes ont privé Al-Dabbah et Abu Hamad de courant. Les autorités et une organisation soudanaise accusent les FSR, qui n’ont pas répondu.

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Vue satellitaire du barrage et du réservoir de Méroé dans le nord du Soudan
Le barrage et le réservoir de Méroé vus depuis l’espace en octobre 2010. Image d’archives, distincte des frappes de novembre 2026. NASA Earth Observatory, domaine public.

Deux frappes de drones ont mis hors service dimanche 1er novembre les postes électriques d’Al-Dabbah et d’Abu Hamad, dans le nord du Soudan, aggravant une crise qui a touché quinze installations depuis le début d’octobre, selon l’organisation soudanaise Emergency Lawyers.

Al-Dabbah, dans l’État du Nord, et Abu Hamad, dans l’État du Nil, ont été privées de courant. À Al-Dabbah, un gardien du poste a été tué, selon des habitants cités par l’Associated Press. À Abu Hamad, le comité local de sécurité a fait état de dégâts matériels sans victime.

Les autorités soudanaises et Emergency Lawyers attribuent les attaques aux Forces de soutien rapide. Le groupe paramilitaire n’avait pas répondu à ces accusations. Ces attributions ne constituent pas une vérification indépendante de l’origine des drones.

La série de frappes a déjà arrêté la centrale thermique d’Um Dabakir, d’une capacité de 500 mégawatts, et endommagé le poste principal de Shendi. Un employé de la compagnie nationale d’électricité a indiqué à l’Associated Press que la production du pays était tombée d’environ 4 400 mégawatts avant la guerre à 1 100 mégawatts.

Le barrage de Méroé fournit désormais plus de 70 % de l’électricité produite au Soudan, selon la même source. Cette dépendance augmente le risque de coupures étendues si une autre installation majeure sort du réseau.

Les interruptions affectent déjà l’approvisionnement en eau, les marchés, les boulangeries et l’irrigation. Le Sudan Doctors Network a aussi alerté sur les risques pour les hôpitaux, les centres de dialyse, les banques de sang et la conservation des médicaments et des vaccins.

Le ministère soudanais des Affaires étrangères affirme que les drones ont été fournis par les Émirats arabes unis et lancés depuis l’Éthiopie. Les Émirats ont de nouveau démenti armer les FSR. Aucun élément indépendant présenté publiquement ne permet d’établir ces deux affirmations.

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