Dans un village proche de Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo, quatre membres d’une même famille sont morts d’Ebola tandis que onze autres ont survécu après avoir été soignés. Le chef du village, Alphonse bin Kitobi Achou Taibo, tente désormais de convaincre les habitants de signaler rapidement les symptômes et d’accepter les soins.
Ce récit recueilli le 24 octobre par l’Associated Press à Bapakombe-Bakondo illustre l’un des principaux obstacles à la riposte. Des habitants continuent d’attribuer la maladie au poison ou à des forces occultes, ce qui retarde l’arrivée des équipes médicales et complique le suivi des contacts.
L’épidémie, déclarée en mai, est liée à la souche Bundibugyo, plus rare que la souche Zaïre. Elle ne dispose pas du même arsenal de vaccins et de traitements homologués. Les autorités sanitaires congolaises ont recensé plus de 10 000 cas confirmés et plus de 4 800 décès depuis le début de la flambée.
La confiance reste fragile après plusieurs années de violences dans l’est du pays. À Bafwasende, une infirmière a été tuée et un autre agent de santé blessé lors d’une attaque contre des équipes de riposte. Ces agressions réduisent la capacité des soignants à atteindre les zones où les cas suspects sont signalés.
Les indicateurs officiels montrent aussi que la chaîne de transmission échappe encore largement au suivi. Au début d’octobre, environ 70 pour cent des nouveaux malades n’étaient pas enregistrés parmi les contacts connus. Près de 60 pour cent des décès survenaient en dehors des centres de traitement, ce qui augmente les risques de contamination au sein des familles.
La stigmatisation persiste après la guérison. Une survivante interrogée à Beni a expliqué avoir perdu son logement et son activité après son retour du centre de soins. Les équipes sanitaires doivent donc combattre à la fois la maladie, les rumeurs et la crainte d’un rejet social durable.
L’ampleur de la flambée avait déjà conduit les autorités à renforcer les structures de prise en charge et le suivi communautaire. Le bilan national avait dépassé le seuil de 10 000 cas confirmés, mais l’identification tardive des malades continue de limiter l’efficacité de ces mesures.
Dans le village touché, la survie des onze membres de la famille soignés sert désormais d’argument aux relais communautaires. Les responsables locaux cherchent à montrer que l’orientation précoce vers un centre de traitement peut changer l’issue de la maladie.




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