Jeudi 29 octobre 2026Bamako Ouagadougou Niamey

Abiy Ahmed avertit l’Érythrée de « graves conséquences »

Le Premier ministre éthiopien appelle Asmara à changer de cap tout en brandissant la menace de conséquences graves, dans un contexte de tensions militaires croissantes.

WhatsApp
Portrait officiel du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed
Abiy Ahmed, Premier ministre éthiopien. Photo d’archives.

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a exhorté mardi 20 octobre l’Érythrée à renoncer à ce qu’il présente comme des politiques hostiles, en avertissant que leur poursuite pourrait entraîner de « graves conséquences ». Cette mise en garde, relayée par les médias publics éthiopiens, intervient alors que les relations entre les deux anciens alliés se sont fortement dégradées.

Le chef du gouvernement a parallèlement appelé Asmara au dialogue et à des relations de bon voisinage. Ses propos constituent la position officielle d’Addis-Abeba. Ils ne permettent pas d’établir de manière indépendante les accusations éthiopiennes visant l’Érythrée, qui accuse de son côté son voisin de préparer une agression.

Cette nouvelle escalade verbale survient dans un environnement militaire déjà tendu au nord de l’Éthiopie. Les combats qui ont repris au Tigré ont, dans les faits, mis à mal l’accord de paix signé en 2022 à Pretoria. Des forces alliées au gouvernement fédéral sont entrées dans Mekele au début d’octobre après le retrait des combattants tigréens.

Addis-Abeba a ensuite annoncé la mise en place d’une administration intérimaire de six mois au Tigré, officiellement chargée de rétablir les services, d’aider au retour des déplacés et de préparer des élections. La reprise de villes ne signifie toutefois pas que les groupes armés ont perdu toute capacité d’action dans les zones rurales.

L’Éthiopie et l’Érythrée avaient normalisé leurs relations en 2018, une initiative qui avait valu à Abiy Ahmed le prix Nobel de la paix l’année suivante. Leurs armées ont ensuite combattu dans le même camp pendant la guerre du Tigré avant que cette alliance ne se défasse.

La proximité des zones de tension avec la frontière érythréenne alimente désormais la crainte d’un conflit régional. Les appels au dialogue se multiplient, mais les déclarations publiques des deux capitales restent marquées par des accusations réciproques et par l’absence de mécanisme bilatéral visible de désescalade.

Sources et corrections

[{"url":"https://www.amn.gov.et/en/pm-abiy-urges-eritrea-to-abandon-hostile-policies-and-embrace-good-neighborly-relations/","role":"source primaire, propos officiels relayés le 20 octobre"},{"url":"https://www.agenzianova.com/en/news/il-premier-etiope-avverte-leritrea-conseguenze-estremamente-gravi-se-asmara-respingera-appelli-di-pace/","role":"recoupement indépendant de la déclaration"},{"url":"https://apnews.com/article/ethiopia-tigray-eritrea-abiy-ahmed-nile-18294adeefc435193ab569ddb9aa3d60","role":"contexte indépendant sur le Tigré et le risque régional"}]

Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les réactions sont relues par la rédaction avant publication ; les propos injurieux, diffamatoires ou haineux ne sont pas publiés.