Ousmane Sonko a contesté lundi 19 octobre le recours du Sénégal au cadre commun du G20 pour traiter sa dette, ouvrant un désaccord public avec la stratégie défendue par l’exécutif. Le président de l’Assemblée nationale et ancien Premier ministre estime que le pays avait surtout besoin d’un reprofilage de ses échéances.
Selon lui, les créanciers ont déjà exclu une réduction du montant dû et l’enjeu tient davantage à la trésorerie qu’à un effacement de dette. Lors d’une conférence de presse, il a jugé inutile de soumettre le Sénégal à un mécanisme international complexe et a refusé l’idée que le pays serve de premier cas test d’une procédure améliorée.
Sonko a affirmé que son gouvernement avait recherché d’autres solutions auprès de banques multilatérales, de partenaires privés et des Émirats arabes unis avant son départ de la Primature. Ces montages et les montants qu’il a évoqués n’ont pas été présentés comme des accords définitivement exécutés.
Le gouvernement sénégalais avait annoncé en septembre son intention d’utiliser une version renforcée du cadre commun. Le ministère des Finances promet un calendrier resserré, un partage d’informations plus précoce et des discussions parallèles avec les créanciers publics et privés.
Dakar vise un accord de principe avec ses bailleurs officiels et ses détenteurs d’obligations d’ici décembre. L’exercice porte sur une dette dont une partie importante avait été mal déclarée sous l’ancienne administration, pour un montant estimé par des analystes à 13 milliards de dollars.
Le Fonds monétaire international a conclu au niveau de ses services un accord préliminaire sur un programme de 2,2 milliards de dollars, mais son déblocage dépend du traitement de la dette entre le Sénégal et ses créanciers. La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, s’est dite optimiste quant à la capacité du mécanisme amélioré à produire un résultat rapide.
Sources et corrections
PressAfrik, Africanews, ministère sénégalais des Finances, Reuters




Réagir à cet article