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Au Mali, HRW accuse tous les camps d’atteintes graves aux civils

L’organisation documente des frappes attribuées à l’armée malienne et à Africa Corps, ainsi que des exécutions imputées aux groupes armés, sans réponse des autorités aux accusations détaillées.

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Militaires maliens lors d’un exercice à Tombouctou, photographie d’archives
Des militaires maliens lors d’un exercice à Tombouctou en 2007. Photographie d’archives illustrant les forces armées, sans représentation des frappes ni des incidents documentés en 2026. Photo Master Sgt. Ken Bergmann / U.S. Air Force / Wikimedia Commons, domaine public.

Human Rights Watch accuse les forces maliennes, leurs alliés russes d’Africa Corps et plusieurs groupes armés d’avoir commis de graves violations contre des civils depuis juillet 2026. Dans un rapport publié lundi 19 octobre, l’organisation appelle l’Union africaine à renforcer son suivi de la protection des populations au Mali.

L’enquête repose sur trente entretiens réalisés entre le 30 juillet et le 20 septembre, dont seize avec des témoins directs, ainsi que sur l’analyse de vidéos et de photographies. Human Rights Watch dit avoir adressé ses conclusions au ministre malien de la Défense le 5 août, sans recevoir de réponse.

L’organisation attribue notamment aux forces maliennes une frappe de drone sur le marché à bétail de Tombonkore, dans la région de Bandiagara, le 19 août. Elle affirme que six civils ont été tués et au moins vingt autres blessés. Cinq témoins interrogés ont assuré qu’aucun combattant du JNIM ne se trouvait sur le marché au moment de l’attaque.

Human Rights Watch a aussi documenté la destruction partielle d’un centre de santé à Talahandak, dans la région de Kidal, le 29 juillet. Des images géolocalisées par l’organisation montrent des dégâts dans plusieurs salles, mais aucune source indépendante ne permet d’établir publiquement l’auteur de la frappe avec une certitude absolue.

Le rapport fait également état de cinq jeunes filles tuées par des soldats dans la région de Ségou le 12 juillet, après avoir été prises pour des assaillantes. Ces faits restent des accusations documentées par l’ONG et n’ont pas donné lieu à une communication judiciaire publique connue.

Human Rights Watch cite des données d’ACLED faisant état de 49 frappes aériennes imputées aux forces maliennes et à Africa Corps entre avril et août, avec 89 civils tués. Sur la même période de 2025, l’organisme avait recensé 22 frappes et 44 morts civils.

Les groupes armés sont également mis en cause. Le rapport évoque notamment la torture et l’exécution de soldats maliens, dont dix-neuf dans la région de Gao. Le JNIM a reconnu que ces exécutions avaient eu lieu tout en niant les avoir ordonnées, tandis que le Front de libération de l’Azawad a rejeté toute responsabilité. L’armée malienne et l’ambassade de Russie n’ont pas répondu aux demandes de réaction rapportées par Reuters.

Sources et corrections

https://www.hrw.org/news/2026/10/19/mali-military-attacks-on-civilians-insurgent-abuses
https://www.reuters.com/world/africa/mali-forces-russian-backers-kill-scores-civilians-drone-strikes-report-says-2026-10-19/

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