Dimanche 1 novembre 2026Bamako Ouagadougou Niamey

À Durban, la justice encadre les marches antimigrants

La Haute Cour du KwaZulu-Natal maintient le droit de manifester du mouvement March and March tout en imposant des horaires, des itinéraires et des restrictions renforcées.

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Véhicule de la police sud-africaine, photographie d’archives
Un véhicule de la police sud-africaine photographié en 2015. Photographie d’archives, sans représentation des marches de Durban ni de la procédure judiciaire. Bob Adams / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.

La Haute Cour du KwaZulu-Natal a autorisé le mouvement March and March à poursuivre ses manifestations antimigrants à Durban, mais sous des conditions renforcées destinées à limiter les risques de violences. La décision provisoire maintient le droit de rassemblement tout en resserrant son cadre.

Le juge Peter Olsen a fixé les marches entre 9 heures et 15 heures et interdit aux participants de porter des armes ou de dissimuler leur visage. Le mouvement ne peut pas non plus dégrader des biens ni incendier des bâtiments et doit respecter les itinéraires désignés.

Le ministre sud-africain de la Police par intérim, Firoz Cachalia, avait demandé la suspension des rassemblements en invoquant des menaces pour l’ordre public et la sécurité des étrangers. Il s’est appuyé sur des renseignements policiers faisant état d’un projet présumé d’incendie contre le centre d’accueil des réfugiés de Berea. Cette allégation n’a pas été établie par le tribunal.

Le magistrat a précisé que l’ordonnance provisoire ne constituait pas une reconnaissance de responsabilité de March and March ou de ses dirigeants. Le mouvement rejette tout lien avec les violences et affirme défendre son droit constitutionnel à manifester. L’affaire doit revenir devant la justice le 18 janvier 2027.

La police a indiqué avoir déployé plus de 400 agents à Durban sans parvenir à contenir l’ensemble des violences, intimidations et pillages signalés autour de précédentes marches. Les forces de sécurité sont aussi mobilisées en vue des élections locales prévues le 4 novembre.

Les tensions ont été nourries par de fausses interprétations d’une décision rendue en juillet par la Cour constitutionnelle sur l’accès des demandeurs d’asile à la procédure sud-africaine. Les groupes à l’origine des marches accusent les migrants de peser sur l’emploi et les services publics, un discours devenu un enjeu de la campagne électorale.