La force commune de l’Alliance des États du Sahel n’a pas encore l’autonomie nécessaire pour fonctionner avec ses propres effectifs, sa logistique, ses moyens aériens et une chaîne de commandement pleinement constituée. Ibrahim Traoré l’a reconnu lors de son entretien télévisé du dimanche 27 septembre. Le président burkinabè, également président en exercice de l’AES, a lié cette lenteur à la restructuration des armées du Burkina Faso, du Mali et du Niger.
Cette précision éclaire la différence entre l’existence d’un projet de force unifiée et son déploiement autonome. Elle intervient alors que l’organisation met en avant une coopération sécuritaire entre ses trois membres. Traoré a souhaité que l’opérationnalisation progresse plus vite, sans avancer de date.
La circulation entre les trois pays attend des validations
Le chef de l’État a aussi jugé insuffisants les résultats obtenus par l’AES au regard des attentes. Sur l’intégration, il a cité la possibilité, pour un ressortissant, de traverser les trois pays avec une carte d’identité AES sans subir les tracasseries qu’il dénonce. Selon ses propos rapportés par Ledjely, le Burkina Faso a préparé des textes et un protocole additionnel, mais attend leur validation par le Mali et le Niger. Il a rappelé que la décision doit être prise à l’unanimité.
Interrogé par ailleurs sur une monnaie propre à l’AES, Traoré n’a fixé aucun calendrier. Il a invité à rester attentif à la suite du processus et évoqué les évolutions monétaires dans la sous-région. Ses réponses ne constituent donc pas une annonce de lancement d’une nouvelle devise.
Photo : Ibrahim Traoré en 2025, archive. © Stanislav Krasilnikov / RIA Novosti, CC BY-SA 3.0.



