Samedi 7 novembre 2026Bamako Ouagadougou Niamey

Au Burkina Faso, un historien appelle à revoir les récits hérités de la colonisation

Lassina Simporé demande une révision des programmes, des manuels et de la formation des enseignants afin de mieux intégrer les sources et les langues africaines.

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Bâtiment de l’université Joseph Ki-Zerbo à Ouagadougou, photographie d’archives
Un bâtiment de l’université Joseph Ki-Zerbo à Ouagadougou en mars 2017. Photographie d’archives, sans représentation du colloque du 15 octobre 2026. Photo Ji-Elle, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:B%C3%A2timent_de_l%27Universit%C3%A9_de_Ouagadougou.jpg · Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/ Réduction et conversion en WebP sous la même licence.

Le professeur Lassina Simporé a appelé les pouvoirs publics burkinabè à revoir les programmes scolaires et universitaires ainsi que les manuels qui continuent, selon lui, de reprendre des catégories issues de l’historiographie coloniale.

L’enseignant-chercheur du département d’histoire et d’archéologie de l’université Joseph Ki-Zerbo s’exprimait jeudi 15 octobre à Ouagadougou lors du premier colloque international sur la souveraineté. Son intervention portait sur les mots utilisés pour raconter l’histoire africaine et sur leurs effets dans l’enseignement.

Il a notamment contesté l’emploi du terme « découverte » pour décrire l’arrivée d’explorateurs européens dans des territoires déjà habités. Il a également cité les expressions « peuples sans histoire », « civilisation primitive » et « mission civilisatrice » parmi les notions qui ont contribué, à ses yeux, à marginaliser les sociétés africaines.

Lassina Simporé propose de mieux reconnaître la tradition orale comme source historique et de renforcer la place des langues africaines dans la production et la transmission des connaissances. Il estime que cette démarche doit reposer sur un examen critique des références utilisées plutôt que sur leur simple remplacement.

Le chercheur recommande enfin une refonte des manuels et un renforcement de la formation initiale et continue des enseignants. Il demande aussi que les politiques culturelles et mémorielles soutiennent davantage les travaux conduits par des chercheurs africains.

Sources et corrections

https://www.aib.media/?p=170845

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