Samedi 7 novembre 2026Bamako Ouagadougou Niamey

Au Cameroun, la hausse des féminicides accentue la pression pour une loi

Les autorités camerounaises recensent près de 70 femmes tuées pour des motifs liés à leur genre depuis le début de 2026. Un projet de loi spécifique pourrait être soumis au Parlement en novembre.

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Des femmes manifestent contre la violence à Bamenda au Cameroun, photographie d’archives
Des femmes manifestent pour la paix à Bamenda en septembre 2018. Photographie d’archives, sans lien direct avec les rassemblements anti-féminicides de 2026. Crédit Moki Edwin Kindzeka, VOA, CC0.

La hausse des féminicides au Cameroun alimente des manifestations et renforce la pression sur le gouvernement pour qu’il adopte une législation spécifique contre les violences faites aux femmes.

Le ministère de la Promotion de la femme et de la famille recense près de 70 femmes tuées depuis le début de 2026 pour des motifs liés à leur genre, selon les données rapportées jeudi par Associated Press. Les estimations officielles faisaient état d’au moins 50 cas en 2023 et de 67 en 2024.

Ces chiffres administratifs ne couvrent pas nécessairement tous les faits. Le ministère lui-même a reconnu que les cas signalés ne représentaient qu’une partie du phénomène, rappelle Human Rights Watch.

Des rassemblements ont été organisés à Yaoundé et Douala pour réclamer des enquêtes plus rapides, des sanctions effectives et une meilleure protection des victimes. Les organisateurs mettent également en avant les obstacles économiques et sociaux qui peuvent empêcher certaines femmes de quitter un foyer violent.

Le droit camerounais sanctionne les homicides et plusieurs formes de violence, mais ne définit pas encore le féminicide comme une infraction autonome. Le gouvernement prépare un projet de loi qui renforcerait la protection contre les violences fondées sur le genre et pourrait être soumis au Parlement en novembre.

Human Rights Watch estime qu’un nouveau texte devra être accompagné de moyens pour l’accueil des victimes, les enquêtes et l’accès à la justice. Les Nations unies au Cameroun avaient déjà appelé en juin à mettre fin à l’impunité face à la recrudescence des féminicides, des infanticides et des violences sexuelles.

Le calendrier parlementaire annoncé reste à confirmer. Jusqu’à l’adoption éventuelle d’une loi, les poursuites continuent de reposer sur les dispositions générales du Code pénal et sur la qualification retenue dans chaque affaire.

Sources et corrections

https://apnews.com/article/cameroon-femicide-women-0a651c800f503950aecf06b3aab99fbe
https://www.hrw.org/news/2026/08/28/cameroon-grapples-with-gender-based-violence-increased-femicides
https://cameroon.un.org/en/node/316898

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