Samedi 7 novembre 2026Bamako Ouagadougou Niamey

En Ouganda, les vidéos d’un officier relancent les accusations de torture militaire

Herbert Matanda Mabonga affirme avoir filmé un lieu de détention clandestin. L’armée rejette ses accusations et le présente comme un déserteur.

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Soldats des forces de défense ougandaises en formation
Des soldats ougandais lors d’un exercice en 2009. Photographie d’archives sans lien direct avec les vidéos diffusées en octobre 2026.

La diffusion de vidéos attribuées à un officier du renseignement ougandais a relancé mercredi 14 octobre les accusations de détentions clandestines et de torture visant l’armée, qui rejette l’ensemble de ces allégations et présente leur auteur comme un déserteur.

Herbert Matanda Mabonga affirme avoir enregistré des images d’un centre secret situé à Entebbe, où des opposants politiques auraient été détenus et maltraités. Il dit y avoir été emprisonné pendant près de six mois après avoir enquêté sur des soupçons de corruption.

Selon son récit recueilli par l’Agence France-Presse, il a pu conserver un téléphone pendant sa détention et a filmé l’extérieur du site après s’en être échappé en septembre. Les séquences montrent notamment du matériel portant des marquages associés aux forces armées ougandaises.

L’armée nie l’existence du centre décrit. Son porte-parole a qualifié les éléments diffusés de fabrications et d’images manipulées, affirmant que Mabonga est recherché pour désertion, extorsion et faux. Aucune expertise indépendante complète des vidéos n’a été rendue publique.

Des défenseurs des droits humains estiment néanmoins que ces images doivent faire l’objet d’une enquête impartiale. Amnesty International avait déjà documenté en 2026 des arrestations arbitraires, des détentions au secret et des mauvais traitements visant des membres ou sympathisants de l’opposition.

Le dossier intervient dans un climat politique marqué par des accusations récurrentes de disparitions forcées. Les autorités ougandaises n’ont annoncé ni enquête judiciaire indépendante sur le site montré dans les vidéos, ni mécanisme public permettant d’en vérifier l’authenticité.

Sources et corrections

Agence France-Presse, Daily Monitor et Amnesty International

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